Les Falaises de Tegid Vael (Cerdorrion)
4 mai 09 par Viviane
Merlin continue son périple le long des falaises bordant l’océan, fleuretant avec le vide, traversant des passages exigus ou éboulés, caressant les vagues dans les canyons aux roches humides et glissantes.
Après avoir somnolé au gré des vents stridents toute une nuit dans une anfractuosité étroite et dure, le druide atteint enfin les vallées centrales de Tegid Vael. S’aventurant toujours au plus profond des terres inhospitalières, il finit enfin par retrouver les sentiers cachés menant aux mythiques Cerddorion, subtilement dissimulés sous forme d’éboulement empêchant toute progression ou de culs-de-sac débouchant sur de dangereux ravins.
C’est en milieu d’après-midi et sous un ciel nuageux que Merlin pénètre dans une gorge étroite bien au milieu des terres. Il progresse difficilement jusqu’à rejoindre le fond complètement sec et fort pentu. Au loin se dessine un col à l’accès difficile dont le sol abrupt offre peu de prises. Malgré l’impression d’être complètement perdu, Merlin est persuadé d’être sur la bonne route, ayant reconnu de temps à autres des marques de pas — il a constaté qu’elles étaient très marquées, car les Cerddorion marchent toujours sur les même traces — à la faveur de passages permettant le pistage.
Du haut de ce dernier obstacle naturel, il profite d’une pause pour profiter du spectacle : une immense caldeira offrant tout le confort pour des êtres reclus. Embrassant le paysage, il remarque les petites habitations en bois réparties autour du lac aux eaux vertes émeraude, les rizières disposées en terrasse, et quelques animaux domestiques qui paissent paisiblement dans les étroites étendues herbeuses. Malheureusement, les sommets déchiquetés restent invisibles, noyés dans la grisaille du temps menaçant. Merlin boit une gorgée d’eau, puis descend le long de la pente douce recouverte de lichen et buissons rachitiques.
Avançant à terrain découvert, il est difficile au druide de passer inaperçu. C’est donc un comité d’accueil de quatre personnes — deux hommes et deux femmes — qui l’attend en bas de l’unique sentier qui se dirige vers le hameau. Merlin continue de marcher tranquillement et s’arrête à leur hauteur. Les deux femmes s’avancent puis mettent un genou à terre pendant que les deux hommes s’incline profondément. Le plus jeune d’entre eux s’exprime alors en vieux celtique :
— Bienvenue à Caer Ddegannwy, Grand Vénérable. Je suis Taliesin. Que nous vaut cette honorable visite ?
— Merci pour votre hospitalité. Je suis Merlin, et je suis venu chercher les plus anciens récits que vous puissiez avoir.
Son interlocuteur soulève un sourcil de surprise :
— Voici une requête bien étrange. Nous avons quantité de récits anciens, remontant même aux temps mythologiques. Il sera bien difficile et laborieux de tous vous les conter. Peut-être pourriez-vous préciser un thème, un événement ou une époque particulière ? Si vous le faites, je trouverais sûrement l’histoire qui correspond. Mais choisissez bien, car je ne vous en raconterai qu’une seule, tel sera l’unique présent que les Cerddorion vous accorderons.
Publié dans Avalon, Essai 01, Exploration, Falaises, Merlin | 3 commentaires
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Les autres choix sont tentants… Mais vu qu’on est là pour le passage, je choisis ce récit.
« (…) du lac aux eaux vertes émeraude » : « vert émeraude ».
« (…) les deux hommes s’incline profondément » : « s’inclinent ».
« Si vous le faites, je trouverais (…) » : « trouverai ».
« (…) que les Cerddorion vous accorderons » : « accorderont ».
Si Viviane a l’occasion de passer par ici et qu’elle reçoit le même accueil, on sait ce qu’on choisira!
Pour ma part je serais plus tenté par un récit sur l’origine des druides.
Taliesin le barde ? On ne rencontre pas n’importe qui !
A ce que je vois, c’est moi qui tranche (pour une fois). Les deux sujets me paraissent intéressants mais je pense que ce que Taliesin pourrait nous révéler sur les passages vers le Sidh se révèlera plus utile d’un point de vue pratique.