— Nobles cygnes, acceptez ces modestes offrandes.
L’un d’eux s’approche et tend son cou. Son bec se referme sur un tubercule qu’il tire. Après l’avoir légèrement écrasé, il l’avale goulûment. Alors qu’il en prend un autre, ses deux congénères le rejoignent pour participer au festin. Pendant ce temps, Merlin pose sa question :
— Auriez-vous vu un grand humain marcher jusqu’au fond des lacs et des étangs ? Je souhaite le rencontrer. Vous me seriez d’un inestimable secours si vous pourriez m’indiquer vers quelle étendue d’eau il est allé récemment.
Le premier trompette sa réponse :
— Vu ! À l’étang de l’œuf.
— L’étang de l’œuf ? répète Merlin dubitatif.
— Son nom est sa forme, précise un autre.
— Dans quelle direction ?
— Au soleil couchant.
Ayant tout consommé, les oies s’éloignent pour rejoindre leurs femelles respectives.
— Halte ! crie-t-il.
Il reconnaît la corpulence de Fergus, mais pas son visage. Celui-ci est effroyable : les lèvres sont retroussées, son visage est bouffi et sa peau d’un blanc pâle maladif. Ses yeux sont globuleux, ayant presque doublé de volume, et quant à ses cheveux, ils sont littéralement hérissés. Il émet gémissement saccadé presque en continu, et ne s’arrête que pour renifler ou respirer. Malgré ce spectacle incroyable, Merlin le questionne.
— Mais que se passe-t-il Fergus ? Tu as rencontré un Leprechaun ? demande-t-il avec un grand sourire.
— Non, pire que ça. Une monstruosité, une sorte de cheval aquatique, horrible. Jamais. Plus jamais…
— Oh, fait Merlin. Tu as dû rencontrer le mythique Muirdris. Il paraît que sa laideur change le visage de ceux qui le voient jusqu’à la fin de leur vie.
— Quoi ? Mais je ne veux pas rester comme ça !
— C’est une malédiction Fergus. Ça t’apprendra à séquestrer de pauvres Leprechauns. Tiens, à ce propos, afin de t’éviter d’autres ennuis, je te propose de me laisser les chaussures magiques de Maître Iubdan. Et retourne chez toi maintenant, déclare le druide en tendant un bras accusateur vers les Côtes de Glaces.
Tout en maugréant, le grand Mac Leda défiguré à vie se déchausse et tend les chaussures mouillées à Merlin. La tête basse, il repart vers sa demeure. Merlin le regarde partir en secouant la tête de désappointement.

Direction le lac de Logres et utilisation du code tout juste récupéré.
« (…) il leur fait par de sa requête » : « part ».
« L’un d’eau s’approche » : « d’eux ».
« Le premier trompette sa réponse » : il manque un retour à la ligne avant la phrase.
« Dans quel direction » : « quelle ».
« (…) les oies s’éloignent pour rejoindre leur femelle respective » : « leurs femelles respectives ». « Oie » plutôt que « cygne », c’est volontaire ?
« (…) elles sont assez proches l’un de l’autre » : « l’une ».
« Il émet gémissement saccadé presque en continue » : « un gémissement », « continu ».
« (…) ou les Grans Lacs ont déjà été explorés » : « grands ».